mercredi 3 septembre 2008

Linkebeek interdit le Gordel aux flamingants

Linkebeek interdit le Gordel aux flamingants

(03/09/2008)

© BELGA
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* Tensions communautaires : le Gordel menacé

Les drapeaux, tee-shirts et tracts à contenu politique seront bannis de cette commune dirigée par le FDF Damien Thiéry

BRUXELLES Si la 28e édition du Gordel prévue ce dimanche en périphérie bruxelloise n'est pas "purement sportive", le bourgmestre de Linkebeek, Damien Thiéry (FDF) demandera l'intervention de la police, indique mercredi La Libre Belgique.

"Si la manifestation ne revêt pas un caractère purement sportif, afin d'assurer le maintien de l'ordre public, je devrai prendre les mesures de police administratives qui s'imposent", menace M. Thiéry dans une lettre adressée à la responsable du Bloso (l'équivalent flamand de l'ADEPS), qui organise le Gordel.
Concrètement, cela signifie que, dimanche, les participants du Gordel pourraient se voir interdire l'accès au territoire de la commune de Linkebeek, écrit La Libre.

Damien Thiéry ajoute "qu'en aucune manière, les organisateurs n'autoriseront ni ne toléreront, de la part des participants, l'expression de messages sous quelque forme que ce soit (drapeaux, tee-shirts, distribution de tracts, calicots...), en rapport avec l'actualité politique belge".

© La Dernière Heure 2008
Van Rompuy: "Une atteinte à la liberté d'expression

La menace que fait planer le bourgmestre faisant fonction de Linkebeek, le francophone Damien Thiéry (FDF), sur le passage du Gordel dans sa commune constitue une atteinte à la liberté d'expression, a répliqué mercredi le député flamand Eric Van Rompuy (CD&V). "Thiéry cherche ainsi à se venger du refus du gouvernement flamand de le nommer bourgmestre et à se faire entendre dans la presse francophone. En pratique, il ne peut évidemment pas concrétiser sa menace", estime Eric Van Rompuy.

Le député rappelle que le Gordel, randonnée sportive qui ceinture symboliquement la Région bruxelloise pour souligner le caractère flamand de sa périphérie, a toujours revêtu un caractère politique flamand.
Depuis plusieurs années, Eric Van Rompuy participe au Gordel revêtu d'un T-shirt portant un slogan en faveur de la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Damien Thiéry a indiqué mercredi dans la presse francophone qu'il ferait intervenir la police si le Gordel ne revêtait pas dans sa commune un caractère purement sportif. Il évoque des motifs de sécurité.
Il a écrit une lettre en ce sens à l'administration flamande des sports, qui organise le Gordel, l'enjoignant de veiller à ce que les participants n'expriment pas de message en rapport avec l'actualité politique belge.
Damien Thiéry est l'un des trois bourgmestres francophones des communes à facilités de la périphérie bruxelloise dont le gouvernement flamand refuse la nomination depuis les élections communales d'octobre 2006.


Van Hoobrouck ne veut pas de slogans racistes ou extrémistes

A l'occasion du "Gordel", le bourgmestre de la commune bruxelloise à facilités de Wezembeek-Oppem, François Van Hoobrouck, ne réagira que contre des débordements racistes ou extrémistes.

Des T-shirts portant des slogans tels que "splits BHV" (scindez BHV) ou, dans un autre registre, "Rattachement des communes à facilités à Bruxelles" seront tolérés, au nom de la liberté d'expression, a-t-il affirmé mercredi. Il a envoyé une lettre expliquant sa position aux organisateurs du Bloso (pendant flamand de l'Adeps) mais n'a visiblement pas reçu de réponse satisfaisante.

Pour sa part, le bourgmestre faisant fonction de Linkebeek, Damien Thiéry, avait annoncé que si la balade flamande cyclo-pédestre du Gordel ne se limitait pas à ses aspects purement sportifs sur le territoire de sa commune, il demanderait l'intervention de la police. Il l'avait aussi fait savoir au Bloso.
De son côté, le bourgmestre de Wezembeek estime que des calicots ou tracts portant des slogans tels que "Franse ratten rolt uw matten" (Rats francophones, faites vos bagages) ou "Franstaligen verhuis" (Francophones, déménagez), ne sont pas tolérables.

De même, il avertit ne pouvoir tolérer que des militants de groupements tels que le Voorpost viennent envenimer les choses.

Le Bloso étonné des déclarations de Thiéry

L'administration flamande du sport, le Bloso, se dit étonnée des menaces émises par le bourgmestre faisant fonctions de la commune à facilités de Linkebeek, Damien Thiéry, de faire intervenir la police à l'occasion du "Gordel" de dimanche, si celui-ci ne se limite pas à son aspect purement sportif sur le territoire de sa commune.

Au Bloso, on se dit étonné de cet "accès de francophonie", alors que l'on croyait que tout était arrangé. On rappelle à ce propos que des accords ont été conclus sur le plan de la sécurité avec les services du gouverneur du Brabant flamand et les corps de police et que l'on a assuré les organisateurs que tout était en ordre.

On fait aussi remarquer que les propos de M. Thiéry repris par le quotidien "La Libre Belgique", ne parlent pas de faire interdire la manifestation cyclo-pédestre.

Par ailleurs, le bourgmestre faisant fonctions d'une autre commune flamande à facilités, celle de Crainhem, a fait savoir, tout comme l'avait annoncé son collègue de Wezembeek François Van Hoobrouck, qu'il ne tolérerait pas des débordements racistes contre les Francophones.

Selon lui, le Gordel est une manifestation sportive et culturelle: à cette occasion, il est acceptable que certains se prononcent contre les facilités ou pour la scission de BHV, estime-t-il. Mais, tout comme M. Van Hoobrouck, il ne pourra tolérer des slogans réclamant le déménagement des "Fransquillons", susceptibles d'engendrer un climat néfaste au sein de la population.

Selon lui, le Bloso est d'accord avec ce point de vue et il espère que l'organisateur flamand prendra les mesures permettant de le faire respecter.

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