mardi 10 juillet 2012

Une saloperie flamingante de plus.


Cher Monsieur,

Voulez-vous bien recevoir, en courrier joint, un communiqué de presse portant sur le Jardin botanique. Que devient le Jardin botanique ?
On n’en parle plus ! A- t-il été donné en catimini à la Flandre avec BHV ?

Le professeur Olivier Paye, Centre de Recherche en Science politique, des Facultés universitaires Saint-Louis, Bruxelles, pose la question en titre de la partie 3 d’un dossier-résumé : Le pire est à venir ?

Le professeur Jacques Lambinon, botaniste de l’Université de Liège, dit en août 2011 : « Si le Jardin botanique de Meise passe à la Commission flamande, la botanique n’existera plus en Belgique francophone. On ne revient plus en arrière ».

Quel est votre point de vue ?

Bien cordialement.

Raymond WATRICE
Ancien échevin, président honoraire du CPAS

ET LE JARDIN BOTANIQUE NATIONAL DANS LA 6E REFORME DE L'ETAT ?

On n'en parle pas ! A-t-il été donné à la Flandre en catimini ?

Un communiqué de presse du 16 septembre 2011 lance un cri d'alarme. Que nous dit-il ?

Flamandisation du Jardin botanique national : les faits sont accablants
"Le Jardin botanique en (bonne) voie de flamandisation" osait publier le professeur Olivier Paye dans le numéro de mai de la revue POLITIQUE. Dans un courrier largement diffusé en juillet, le directeur flamand de cet établissement scientifique fédéral, M. Jan Rammeloo, fulmine : "L'article est subjectif, (…- parfois basé sur des données fausses ou incomplètes". Vraiment ?

A l'attaque cinglante, le politologue francophone riposte en scientifique : 70 pages accablantes de faits et de chiffres parfaitement référencés, facilement vérifiables résumées en une note de cinq pages. Sa conclusion : Le Jardin botanique national est largement flamandisé, … et ce, au mépris des lois et tutelles fédérales.

Une vérité qui dérange
Le Jardin botanique, à 100 % fédéral, est à 3 km de l'Atomium. Mais…
- Environ 85 % du personnel de l'institution est néerlandophone
- Le personnel peu qualifié (niveau D) est presque à 100 % néerlandophone !
- Mois de 30% des chercheurs sont francophones
- Les néerlandophones sont majoritaires dans tous les organes dirigeants
- De nombreux recrutements ne sont organisés que pour les néerlandophones

Un exemple concret : l'absence de cadres linguistiques depuis dix ans.

Violations des lois linguistiques, discrimination anti-francophone, le directeur agit comme si le transfert de son institution à la Flandre était un fait acquis. Or, tant que les Communautés n'ont pas conclu un accord sur sa défédéralisation, cet établissement scientifique reste fédéral, et doit fonctionner selon les règles et la logique fédérales.
En attendant, les francophones sont spoliés au bas mot d'une trentaine d'emplois, diverses activités bénéficient à plus de 80 % aux seuls néerlandophones (ateliers scolaires, visites guidées…), et le visiteur est accueilli par du personne à 100 % néerlandophone : gardiennat, billetterie, boutique.

Et le pire est à venir ?
Et ce sera pire encore pour les francophones si le projet d'accord Peeters/Demotte venait à être approuvé dans le cadre des négociations institutionnelles actuelles.
- La Communauté flamande aura la tutelle du Jardin botanique et contrôlera le conseil d'administration
- Elle établira, seule, le statut du personnel, l'organigramme, la langue de travail…
- Bâtiments, domaine, infrastructure, matériel, œuvres d'art… deviennent, gratuitement,  propriété de la Flandre.
- Le patrimoine scientifique de valeur mondiale, fruit de deux siècles d'existence bruxelloise puis nationale, sera donné gratuitement et indéfiniment en prêt à la Communauté flamande
- Chaque année un  montant d'à peu près 7 millions d'euros sera transféré du budget fédéral vers les Communautés qui le mettront entièrement à disposition de l'institution devenue flamande !
- Transférés à la Communauté française, les chercheurs francophones pourront rester en leur nombre actuel (15), les autres membres francophones du personnel étant placés en cadre d'extinction.

C'est le contraire d'un accord équilibré : c'est un accord léonin.

Plutôt la scission que la spoliation
Dans ces conditions, si l'on veut préserver une recherche de pointe en botanique du côté francophone, aussi légitime qu'en Flandre, mieux vaut encore négocier la scission de ce patrimoine commun exceptionnel, et des ressources humaines et financières qui permettent d'en tirer profit. Non-sens scientifique ? Qui en demande la défédéralisation pour se l'approprier ? Pas les francophones !

Un exemple concret : l'absence de cadres linguistiques depuis dix ans

Les cadres linguistiques constituent un outil légal obligatoire destiné à assurer une répartition équilibrée des emplois publics entre francophones et néerlandophones.
En tant qu'organisme public fédéral dont les activités concernent tout le pays, le Jardin botanique doit bien évidemment en être pourvus.
Or, depuis 2002, le Jardin botanique fonctionne sans cadres linguistiques.
Depuis 2008, on ne compte plus les interventions officielles destinées à obtenir que le Jardin botanique applique enfin la loi fédérale.
Mars 2008            La Commission permanente de contrôle linguistique
Octobre 2008       Le Conseil d'Etat
                             La récente Ministre de Tutelle du Jardin botanique national, Sabine Laruelle
Décembre 2008    Le syndicat CGSP
Février 2009         Le Premier Ministre Herman Van Rompuy
Février 2010         La Ministre de la Fonction Publique, Inge Vervotte

Lorsqu'ensuite le directeur soumet enfin un plan de personnel - étape préalable à la fixation de cadres linguistiques -, le gouvernement tombe et les affaires courantes empêchent, selon la Ministre de tutelle, de "concrétiser ce dossier pour le moment".

Résultat concret à ce jour (16.09.2011, ndlr) : NEANT : LA PROCRASTINATION MILITANTE PAIE !

Contact : Olivier Paye : 0473-28 48 34

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