mardi 11 décembre 2012

L'axe PS-MR est un leurre.


Emmanuel De Bock: "L’axe PS-MR est un leurre"

Mathieu Colleyn
Mis en ligne le 10/12/2012
Emmanuel De Bock, candidat à la présidence du FDF.
Emmanuel De Bock est député bruxellois. Il est l’outsider de l’élection présidentielle du FDF. Interview.
Qu’est ce qui vous pousse à vous porter candidat à la présidence du FDF ?
Ni Didier Gosuin ni Bernard Clerfayt ne voulaient y aller. Ce que je peux comprendre, mais je trouvais dommage pour un parti comme le nôtre de ne pas montrer la vitalité de ses forces. Il me semblait opportun qu’il n’y ait pas une simple reconduction des sortants, mais un vrai débat de fond sur la place du parti sur l’échiquier fédéral et régional, surtout vu l’échéance de 2014.
N’est-ce pas simplement pour vous faire une publicité personnelle à bon compte ?
Je crois que j’ai plus à perdre qu’à gagner dans cette histoire. Je prends un risque à titre personnel et peut-être un risque pour le parti. Certains pourraient se dire qu’il est préférable d’être tous unis derrière une candidature unique. Mais ma candidature est crédible. Ce n’est pas une candidature factice ou prétexte. Je veux porter le débat de l’existence du FDF, assumer à la fois la continuité et le renouvellement du parti.
Bernard Clerfayt s’est rapidement réjoui de votre candidature. Vous n’avez pas peur d’être instrumentalisé par les ténors ?
Olivier Maingain n’est pas contesté en interne. Si c’était le cas, un autre courant se serait opposé à lui. Je ne suis pas une candidature d’opposition. Je veux que l’enjeu majeur ne soit pas qu’institutionnel et qu’on s’attaque surtout au socio-économique. Clerfayt a simplement dit que ma candidature était "chouette" et qu’il pensait avoir envie de me soutenir. Je l’en remercie, parce que ce n’est pas facile pour moi face à Olivier Maingain qui incarne le FDF tout seul depuis des années.
Le FDF, c’est Olivier Maingain ?
Pas du tout, mais les gens pourraient penser qu’il n’y a pas d’autres voix. Mon rôle est de montrer qu’il y a des jeunes derrière. Que le parti n’est pas vieillissant, qu’il est en bonne forme.
Vous ne craignez pas de le diviser ?
Je pense, au contraire, que je légitime le résultat du gagnant.
N’avez-vous donc aucune chance de gagner ?
Je suis candidat pour faire le meilleur score possible et je n’exclus pas une surprise à la fin. Après tout, Olivier Maingain a gagné à mon âge. Je suis un militant de base. J’ai commencé à 17 ans, le FDF c’est ma famille et je n’ai jamais vu une démocratie aussi palpitante ailleurs.
A partir de quel score serez-vous satisfait ?
C’est déjà une victoire de pouvoir mener cette campagne. Le parti y gagne. Le mot qui me revient le plus souvent c’est que c’est une candidature courageuse. Je veux que le parti compte sur sa jeune génération, contrairement au PS qui n’a pas su assurer la relève de Charles Picqué. Le FDF ne doit pas connaître cela. Nous devons construire le FDF de demain plutôt que d’être amenés à chercher dans la société civile des candidats dits d’ouverture ou "people".
Comment résumeriez-vous votre projet ?
D’abord par une clarté de vision sur le socio-économique. 2014 est un gros enjeu. En Flandre, il n’y a pas de problème de chômage. L’agenda des néerlandophones est purement institutionnel et vise la concurrence fiscale. Il s’agit de rendre la Flandre la plus compétitive et damer le pion à Bruxelles et à la Wallonie. Face à cela on a un bloc, notamment PS-MR. Ils se disent, dans la résignation, on ne fera pas l’économie de la N-VA. Ils nous disent que, demain, la N-VA est incontournable, que l’axe sera N-VA/CD&V/Open VLD. Si c’est pour revivre un nouveau pacte de trahison par rapport aux promesses électorales, ça sera sans nous. Les francophones doivent présenter un projet alternatif. Qu’est ce qui nous met dedans ? Les 15 et 20 % de chômage en Wallonie et à Bruxelles. Quand on aura résolu cela, on ne sera plus demandeur vis-à-vis de la Flandre. Je plaide pour une évaluation des politiques publiques. Aujourd’hui, on ne vérifie pas si les politiques créent de l’emploi. Les chèques langue ont-ils eu un impact réel alors qu’ils coûtent des dizaines de millions ? Aucune étude là-dessus ! Ensuite, il faut arrêter les politiques clientélistes. L’effort est mis sur les recettes, pas sur la gestion courante. Certains projets sont de vraies gabegies, on en a encore l’exemple avec la gare de Mons - et on ne remet jamais en cause certaines aides bidons dans des ASBL politisées. Ceux qui nous gouvernent depuis vingt ans - et pas uniquement les politiques - doivent rendre des comptes. Je constate aussi que les personnalités qui défendent Bruxelles se font rares.
Didier Reynders vient de débarquer.
Il se présente au fédéral. Que les Onkelinx, Reynders et Milquet défendent Bruxelles au fédéral, là où ils vont négocier avec la N-VA, est un leurre. Il y a instrumentalisation entre ceux qui quittent le navire - Picqué, Cerexhe et Kir - et ceux qui n’osent pas y monter - Milquet, Onkelinx ou Reynders. Pire : on appelle à des majorités miroir, une grande alliance entre les deux plus forts, alors qu’à Bruxelles, l’ensemble des partis traditionnels flamands vont devoir s’unir pour faire face à la N-VA. Je suis dans la ligne d’Olivier Maingain, mais je veux pouvoir dire que le parti va continuer après lui et demeurer la seule force de résistance du pays. C’est mon projet.

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